Géographes de Bretagne
Douaronourien e Breizh - Jeyografes de Bertaeyn

Les géographes ne veulent plus du département

Quatre géographes se réunissent pour discuter d'un ouvrage.

Ouest-France du 5 septembre 2008

Et si on ne conservait que la commune et la Région ? Soucieuse d’alléger le mille-feuilles administratif, l’association des géographes veut faire valoir le droit à l’expérimentation.

Ras le bol du mille-feuilles administratif qui, de la commune à l’État, en passant par l’intercommunalité, les cantons, les départements et les Régions, donnent de la France une image empoussiérée, issue de notre bonne vieille Révolution ! Obsolète et inefficace, s’empressent d’ajouter ceux qui, aujourd’hui, poussent ce cri : les auteurs de Territoires de Bretagne, une révolution à opérer.

Un petit livre tonique, saupoudré de poil à gratter, écrit et publié par l’Association des géographes de Bretagne. La classe politique armoricaine serait bien inspirée de le consommer.

Une division illisible et coûteuse

Il est vrai que cet empilement de territoires à la française étonne nos voisins de l’Union européenne. Vrai aussi que la question de la simplification territoriale revient régulièrement sur le tapis – récemment sous la plume de Jacques Attali – mais sans jamais trouver de traduction concrète. « Tout ça est illisible et coûteux pour le contribuable », pestent Jacques Lescoat, Yves Lebahy, Jean Huchet et leurs collègues. Ils stigmatisent cette conception jacobine qui amène à freiner des quatre fers dès qu’il est question de « restructurer les hiérarchies territoriales » et de supprimer quelques milliers de savoureux « fromages » électoraux.

« Les tabous au placard ! », invitent les coauteurs. Mettre en oeuvre un nouvel ordre territorial, considèrent-ils, « favorisera des économies de moyens, affirmera une démocratie plus forte, tout en renforçant l’action publique. » Et on supprimera quoi ? Le département, à coup sûr, mais pas seulement.

L’idéal, prônent les géographes, serait de ne conserver que la commune (pour la gestion du quotidien), une forme d’intercommunalité et la Région. Suggestion qui, ils le savent, va se heurter au conservatisme de la classe politique. Aux « féodalités » de gauche comme de droite. « Pourquoi ne pas revendiquer le droit à l’expérimentation en la matière ? », lancent-ils, passionnés qu’ils sont par les questions de gestion et d’aménagement du territoire.

Utopie ? « Ce serait dommage et dangereux de ne rien changer », concluent les auteurs. Ils invitent à ne pas agir tardivement, sous la pression d’événements, comme y poussent aujourd’hui, dans d’autres domaines, la hausse incontrôlable du dollar et le réchauffement climatique.

Alain GUELLEC.

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