Qui sommes-nous ?
Des géographes de Bretagne se sont réunis et ont créé une association. Elle est composée de personnes provenant de divers horizons professionnels, toutes attachées à une certaine identité du géographe et au rôle citoyen qu’il peut jouer. C’est parce que nous avons pris conscience que les géographes, aujourd’hui plus que jamais, ont quelque chose d’original et de pertinent à dire, à montrer, à faire valoir que nous avons pris cette initiative. Mieux connaître, mieux comprendre, partager avec tous : telle est l’ambition de ce groupe qui aime sa région et veut aussi la faire aimer.
Geografourien a Vreizh a zo en em vodet, ha krouet o deus ur strollad (hag ur gevredigezh a-benn nebeut), ennañ tud lieseurt o micherioù, an holl stag ouzh un identelezh geografour hag ouzh mennozh ur gefridi keodedel. Kemeret hon eus an intrudu-se peogwir omp deuet da vezañ emskiant o deus ar c’heografourien, hiziv muioc’h eget biskoazh, un dra bennak dibar ha talvoudus da lavaret, da diskouez, da reiñ da gompren, ha gwir eo ez eus kalz traoù a zo da lavaret war un toullad teuliadoù ha divizoù e Breizh. Anavezout gwelloc’h, kompren gwelloc’h, rannañ gant an holl ; setu youl ar strollad-mañ, a gar e rannvro hag en deus c’hoant d’he reiñ da garout.

Que peuvent apporter spécifiquement les géographes ?
Le regard du géographe est une vision globale de l’espace qui tient compte de toutes les dimensions : économique, démographique, sociologique, environnementale, paysagère, patrimoniale, historique et culturelle. C’est son originalité et son apport à la construction de la société.
Ur sell hollek o deus ar c’heografourien, derc’hel kont a reont eus ar spas hag eus krafoù lieseurt : ekonomiezh, demografiezh, sokiologiezh, ekologiezh, ardremez, glad, istor, sevenadur. Alese eo dibar ha talvoudus evit ar gevredigezh.
Par son attachement au territoire, par sa spécialité qui place l’homme en tant qu’être social au centre de ses préoccupations, cette approche globale, et me^me sensuelle, des réalités et des problèmes est très différente des approches fonctionnelles, sectorisées, utilisées habituellement. De plus, les géographes sont rodés à la prospective ; ils ont la capacité à anticiper les phénomènes en cours et à venir.
Stag omp ouzh an tiriad, lakaat a reomp mab-den evel boud sokial e-kreiz hor preder, gant ur sell hollek ha kizidik war ar gwirvoud hag ar c’hudennoù. Disheñvel-mik eo neuze hol labour diouzh ar an doareoù ar’chwelel ha rannet implijet peurliesañ. Ouzhpenn eo boas ar c’heografourien ouzh ul labour diawel, barregezhioù o deus evit rakwelet ar pezh a zo o tont pe da zont.
C’est cette part que nous voulons mettre sur la table commune.
Ar perzhioù-se a fell deomp degas d’an holl.

Dans quels débats ?
La Bretagne n’est pas à l’écart des changements profonds et radicaux qui sont à l’œuvre partout, dans le concert de la mondialisation. Elle connaît, elle aussi, les tensions internes engendrées par ces mutations et par les choix qui se présentent.
N’eo ket troc’het Breizh diouzh ar c’hemmoù don o tont e pep lec’h, e-doug ar bedelaat. Anavezout a ra ivez tennderioù diabarzh degaset gant ar c’hemmoù-se ha gant an dibaboù a c’haller ober.
Depuis plus d’un siècle, une certaine vision privilégie la productivité, l’économie d’échelle, la spécialisation des productions et des territoires mais aussi l’uniformisation des modes et du cadre de vie. Elle mène à une organisation de plus en plus polarisée de l’espace, autour d’une armature de grandes agglomérations. En conséquence, on a assisté à une forte croissance du niveau de vie mais aussi à l’essor des inégalités entre les hommes ainsi qu’entre leurs différents territoires. On a observé fréquemment l’impact négatif des activités sur la nature, l’environnement et sur la santé.
Ar produadur, an arboelladoù a-skeul, arbenikaat ar produiñ hag an tiriadoù, heñvelekaat ar modoù-bevañ hag ar frammoù-buhez, eo an techoù kreñvañ abaoe ouzhpenn ur c’hantved. Degas a ra kement-se un aozadur-spas polarizetoc’h-polarizetañ tro-dro d’an tolpadoù-kêr bras. Kresket eo neuze al live-bevañ, met kresket eo ivez an dizingalderioù etre an dud hag etre o ziriadoù. Merzhet eo bet alies disoc’hoù negativel an obererezhioù war an natur, an endro hag ar yec’hed.
Est-ce inéluctable ? Y a-t-il d’autres lectures possibles du développement, de l’organisation des territoires ? Effectivement, d’autres courants de pensée et d’autres acteurs de la société mettent en avant :
Ha ne vefe netra d’ober ? Ha modoù all zo da ijinañ an diorren, aozadur an tiriadoù ?
Redoù-preder all ha perzhidi all er gevredigezh a lak war-wel :
- le local face à la globalisation, en s’appuyant sur les identités, les patrimoines et les solidarités des populations.
talvoudegezh al lec’hioù e-tal ar bedeladur, dre gemer harp war an identelezhioù, ar glad, ar c’hengred etre ar poblañsoù. - Un développement polycentrique face à l’organisation trop polarisée du territoire, pour un meilleur équilibre des relations entre l’homme et l’espace.
un diorren diwar kreizennoù lies e-tal un aozadur-tiriad polarizet betek-re, evit ur c’hempouez gwelloc’h etre an dud hag ar spasoù. - La définition d’un véritable développement durable conciliant enjeux économiques et environnement.
termenadur un diorren padus gwirion a lakfe a-du ar c’hrafoù armerzhel hag an endro.
Il ne faut pas oublier, non plus, la montée en puissance de l’Union Européenne et la nécessité, pour la société bretonne, d’explorer et de mieux prendre en compte cette ouverture.
Arabat disoñjal kennebeut emañ galloud Unvaniezh Europa o kreskiñ, ha neuze an ezhomm evit kevredigezh Breizh da ergerzhout ha da gemer e kont ar prenestr digor-se.
C’est en prenant acte de ces grands débats que les géographes de Bretagne veulent apporter leur contribution et aussi parce que les mutations en cours se traduisent déjà par des difficultés dans la réalité régionale : l’agroalimentaire, l’électronique, les activités maritimes et navales, l’exode des jeunes et, en particulier, des jeunes diplômés, la pression sur le foncier, les atteintes diverses à l’environnement, etc.
Fellout a ra da geografourien Breizh degas o sell war an divizoù-se. Diaesterioù a zeu endeo e kevredigezh Breizh abalamour d’ar c’hemmoù hon eus meneget : an agroboued, an elektroniezh, an obererezhioù-mor ha sevel-bigi, divroañ ar yaouankiz, hag ar re yaouank diplomet dreist-holl, ar gwask war ar font, an distrujoù graet d’an endro, hag all.
Malgré ces difficultés observables, la Bretagne dispose d’atouts multiples permettant un développement fort et adapté à son identité.
Quelques exemples de sujets de réflexion
Les thèmes sur lesquels les géographes de Bretagne souhaitent intervenir sont nombreux. Ils concernent l’organisation de l’espace et elles es différents territoires, l’aménagement, le développement économique, l’environnement. Voici quelques exemples dont la lite n’est ni exhaustive, ni un ordre de priorité :
- les enjeux de l’aménagement littoral
- le développement qualitatif des villes et la définition d’un modèle urbaine spécifique à la Bretagne
- l’équilibre du réseau urbain
- l’intégration des modes de transport, la relance du cabotage, la desserte aéroportuaire.
- Les enjeux de la réunification de la Bretagne
- L’Europe et l’ouverture internationale
- L’agriculture, la pêche, l’aquaculture et le développement durable
- L’aménagement non respectueux des paysages et ses conséquences
- etc.
Pourquoi intervenir ?
Nous voulons poser notre regard de géographe sur ce qui est, sur ce qui se fait et se fera en Bretagne car nous ne pouvons pas rester muets dans les évolutions en cours. Sur plusieurs dossiers, il y a un discours qui ne correspond pas toujours à la réalité : nous voulons mettre celle-ci en évidence et la faire connaître à tous par le biais d’une démarche d’abord pédagogique.
Les géographes de Bretagne n’hésiteront pas, le cas échéant, à présenter une vision nouvelle par rapport aux schémas actuels. La Bretagne, terre attachante, ouverte sur l’avenir, doit porter plus qu’aujourd’hui la marque de la réflexion et de l’action des géographes qui y vivent ou y travaillent.
Nous avons des éléments et des informations à apporter aux débats, des arguments à faire valoir, des orientations à proposer, des projets à défendre, des options à promouvoir. Nous désirons faire connaître notre point de vue sur es grandes questions touchant la vie régionale et qui se rapportent directement ou indirectement à la géographie. D’autant plus que nous souhaitons replacer l’homme et le citoyen au centre de son territoire, dans un souci de développement harmonieux et équilibré. En effet, nous plaçons l’homme au coeur de notre approche.mations à apporter aux débats, des arguments à faire valoir, des orientations à proposer, des projets à défendre, des options à promouvoir. Nous désirons faire connaître notre point de vue sur es grandes questions touchant la vie régionale et qui se rapportent directement ou indirectement à la géographie. D’autant plus que nous souhaitons replacer l’homme et le citoyen au centre de son territoire, dans un souci de développement harmonieux et équilibré. En effet, nous plaçons l’homme au coeur de notre approche.