Géographes de Bretagne
Douaronourien e Breizh - Jeyografes de Bertaeyn

Les enjeux littoraux : une nécessaire maîtrise de la relation Homme/ Milieu

Yves LEBAHY, Agrégé de Géographie, Président des Géographes de Bretagne

Tout au long des côtes, des côtes atlantiques de l’Europe que je connais plus particulièrement, la mer tisse un lien permanent avec les sociétés humaines, s’insérant dans leur histoire, leurs cultures, participant à la définition de leur organisation territoriale. Mais plus que jamais, sa présence est essentielle dans l’état de leur environnement et du coup dans leur équilibre. Depuis 50 ans en effet, les mutations qui s’opèrent sur les littoraux, les affectent plus que jamais, les transformant inéluctablement. La mer est désormais un espace convoité et si les enjeux qu’elle porte, trouvent naturellement leur expression à terre, dans un premier temps sur le littoral mais aussi, par contrecoup, vers l’intérieur des terres. On les retrouve aussi dans les mers bordières qui les jouxtent. De la sorte, ces espaces d’interface sont devenus un immense champ de bataille, théâtre de profondes ruptures.

La première de ces ruptures, entamée il y a plus de 40 ans, se traduit par le passage des activités primaires littorales (agriculture, pêche) et portuaires qui ont longtemps organisé ces espaces, à l’actuelle économie dite de « villégiature ». Ce glissement d’une économie productive vers une économie redistributive est lourd de conséquences. Les territoires littoraux s’en trouvent bousculés : spéculation immobilière et pression urbaine croissante, ségrégations sociales et générationnelles, éviction des activités primaires et volonté inverse de sanctuariser au nom d’un esthétisme, sont le lot de cette mutation et reportent leurs effets à l’intérieur des régions qui possèdent une façade maritime1.

Mais au-delà de cette rupture en pleine dynamique, s’en profile une seconde, encore plus brutale, qui risque de combiner les effets de la transformation des milieux en raison des changements climatiques et les intérêts nouveaux résultant de la mise en valeur de ce milieu marin dont on commence à mieux cerner les intérêts en terme de potentialités économiques dans les domaines halieutiques, énergétiques, miniers et industrialo-portuaires. Elle suscite une volonté d’appropriation de ce dernier bien commun de l’humanité au non de ces intérêts nouveaux, le littoral quant à lui se devant d’en supporter les fonctionnalités matérielles au détriment de ses équilibres fondamentaux, humains tout d’abord, paysagers et environnementaux dans un second temps.

Face à de telles évolutions destructrices, l’enjeu est donc de redéfinir des « projets de vie » pour ces territoires, spécifiques et courageux, adaptés aux contraintes de ces milieux pour mieux mettre en valeur leurs potentialités dans un cadre soutenable. Les textes internationaux l’imposent, comme la législation des Nations Unies sur le Droit de la Mer de 1982. Cette dernière rend en effet garant tout Etat de la qualité de ses eaux marines bordières (articles 4, 192, 193). D’autres plus récents, définis lors du sommet de Rio en 1992 nous y invitent. Nous en retrouvons les principes majeurs dans la mise en œuvre de la Gestion Intégrée des Zones Côtières officiellement développée par l’Union européenne depuis 2002 et mise en application en France depuis octobre 2004. Ces orientations ne sont en rien anodines, même si leur mise en application reste bien timide et bien lente… avec pourtant un objectif très proche pour l’horizon 2025. Enfin et avant tout, c’est une question de bon sens aussi.

Car au-delà des intentions politiques, ces sociétés littorales prises dans un tel maelström doivent réagir, reprendre les reines de leur destin. C’est pour elles une question de survie.

Sur quels principes un tel projet de vie peut-il se construire ?

Seule une approche holistique du sujet (prenant en compte l’indivisibilité des composantes naturelles de la planète, homme y compris), permet de tenir compte de la complexité des enjeux. Cela ne peut se faire qu’en reposant d’une manière globale les relations hommes/milieux dans une démarche éco-responsable voire « géosophique »2. Il en va des équilibres élémentaires de ses écosystèmes, du maintien de la biodiversité la plus riche et la plus équilibrée possible des milieux, mais surtout de l’harmonie de leurs géosystèmes3 pris dans toute leur intégralité, c’est-à-dire incluant les relations entre écosystèmes et anthroposystèmes, ces derniers intégrant naturellement les aspects sociaux mais aussi les dimensions culturelles. C’est la condition essentielle d’une gestion équilibrée et harmonieuse de ces espaces où l’homme doit avant tout vivre, c’est-à-dire travailler, habiter, consommer en usant au maximum des potentialités offertes par le milieu où il vit, tout en ayant l’empreinte écologique la plus faible sur ce dernier.

C’est-à-dire tout le contraire de ce que nous propose aujourd’hui une logique marchande ultra libérale qui développe à l’égard des milieux et des hommes de simples « logiques minières » s’appliquant à court terme spécialisant, fractionnant au gré de ses intérêts les espaces, le temps et les sociétés, impliquant une mobilité vibrionnante et coûteuse à tout point de vue.

C’est-à-dire aussi tout le contraire de la logique écologiste qui aujourd’hui s’impose dans un intégrisme naturaliste (voire environnementaliste à l’anglo-saxonne) qui tend à exclure l’homme, les sociétés humaines et leurs comportements des enjeux et qui se retrouve percolant en permanence dans les orientations du Grenelle de la mer, reflet d’une opinion générale conditionnée et d’intérêts marchands trop souvent parés d’une conscience écologique de circonstance.

Nous ne pouvons fonctionner sur de tels comportements simplistes, manichéens, voire binaires. Il nous faut retrouver au plus vite les équilibres élémentaires qui président dans cette complexité les relations de nos sociétés humaines avec le milieu.

Sur quoi peuvent reposer de tels équilibres ?

  • Tout d’abord, une humilité retrouvée dans nos relations à l’égard des milieux :

Cette recherche des équilibres homme/milieu ne peut se construire que sur une humilité retrouvée de l’homme à l’égard du milieu naturel et de ses évolutions. Cela suppose de remettre en cause les strictes visions de marché et les spécialisations qu’elles génèrent et qui guident le fonctionnement de nos sociétés contemporaines. Cela suppose de remettre en cause parallèlement la technicité croissante qui l’accompagne laquelle fonctionne sans éthique, réquisitionnant la nature pour des intérêts immédiats de puissance et de pouvoir. « La logique technicienne qui prévaut depuis plusieurs siècles est une logique du fait accompli, le fruit de la réquisition de la nature et de l’homme lui-même pour le,pouvoir du rêve et le rêve du pouvoir » dit le sociologue Jean Pierre Quinio4. Il nous faut retrouver la sagesse de notre rapport à la Terre, cette « géosophie » sans laquelle toute action de l’homme sur les milieux est vouée au péril.

Car les catastrophes dites « naturelles », résultat de la rencontre de l’aléas et de la vulnérabilité, ne sont toujours et avant tout que le produit de l’imprévoyance des hommes. Algues vertes, planctons toxiques, concentrations de métaux lourds d’hydrocarbures et de produits phyto-sanitaires dans les mers bordières résultent avant tout des déséquilibres engendrés par l’homme, remettant en cause tout à la fois ses activités et sa présence en ces lieux : pêcheurs et ostréiculteurs en paient aujourd’hui un lourd tribu.

Au-delà de ces perturbations ponctuelles ou accidentelles de plus en plus prégnantes, le changement climatique auquel nous allons être confrontés dans les décennies à venir avec ses effets particuliers en zone littorale relève de ces mêmes inconséquences. Aussi faible puisse-t-elle paraître en apparence, l’élévation du niveau marin (de l’ordre de 60 à 80 cm d’ici 2080, voire 1,8 m d’ici 2100)5 va très rapidement bouleverser les espaces littoraux densément peuplés. La hausse prévue des températures moyennes, de 2,5° à 3° d’ici la fin du siècle et la réduction de 25% des précipitations, accompagnée d’une violence accrue des phénomènes pluvieux, risquent d’avoir des impacts auxquels nous ne sommes guère préparés. Car, ces mutations sont et vont être brutales, par leur ampleur d’abord mais surtout par leur extrême rapidité. Elles seront perceptibles en une génération. Alors que le niveau de la mer s’élevait dans les années 90 de 1,5 mm/an à Brest, ce sont actuellement +3mm/an qui y sont enregistrés depuis 2000. Il y a bien accélération des processus. Et la récente tempête du 9 Mars 2008 a constitué un superbe révélateur à la précarité des établissements humains en zone littorale. Faute de pouvoir maîtriser tous les paramètres de notre présence en ces lieux, littoraux bas, marais côtiers, schorres colmatées ou comblées, vallées inondables également, ne nous faut-il pas retrouver cet usage prudent et parcimonieux des rivages qui était la règle dans les sociétés antérieures. Par définition le bord de mer est une zone instable pour l’homme.

Dans les faits, qu’est-ce que cela implique dans l’occupation des lieux et leur mise en valeur ?

Le déterminisme physique qui prévalait jusqu’au XIXème siècle redevient donc d’actualité dans le rapport homme/environnement.

  • Des comportements s’inscrivant dans cette responsabilité retrouvée à l’égard du territoire sur lequel nous vivons.

Il nous faut redevenir plus responsables de nos actes et retrouver ce principe élémentaire de géosophie tel que le définissait P. Pinchemel. La sagesse qu’une telle attitude implique, suppose de la part des hommes une action réfléchie et un usage mesuré du milieu, de ses contraintes, des risques naturels qu’il présente. En zone littorale cela veut dire, écarter des rivages, instables par nature, les installations humaines qui ne dépendent pas directement d’une activité maritime, occuper parcimonieusement les côtes en maintenant des espaces tampons ou bien renouer, comme commencent à le faire les Hollandais, avec des installations mobiles prenant en compte cet aléa. Tout le contraire de ce que nous faisons actuellement. Nous devons dès à présent et urgemment anticiper dans nos aménagements ces mutations dont les effets seront déjà perceptibles dans deux à trois décennies à peine. Sinon, les catastrophes dites « naturelles » se multiplieront.

Tous ces phénomènes impliquent dès à présent de modifier nos relations au milieu ; il nous faut donc dès à présent retrouver un minimum d’humilité dans nos actes, mêmes élémentaires, comme dans nos choix d’organisation.

Cela relève du principe élémentaire de l’écocitoyenneté. Nous ne sommes pas là pour consommer les milieux, mais bien pour qu’ils puissent toujours porter des populations en leur offrant de quoi répondre à leurs besoins vitaux. Cela remet en cause cette lecture essentiellement économiste de notre environnement, celle qui prévaut actuellement. Si nos capacités techniques d’action se sont trouvées amplifiées depuis deux siècles grâce à la révolution industrielle et aux mutations techniques qui l’ont portée, nous conduisant à oublier ce qu’autrefois nous nommions les contingences naturelles, il nous faut à l’inverse retrouver plus d’humilité dans l’action et ne pas oublier que la nature nous offre en même temps que ses potentialités des contraintes et que nous devons tout simplement composer avec, dans une adaptation « possibiliste »6digne des sociétés antérieures issues de la révolution néolithique.

– Un usage plus endogène de notre territoire :

Dans le cadre d’une économie soutenable vers laquelle nous allons devoir inéluctablement évoluer, c’est cet usage le plus endogène du territoire qu’il nous faut aujourd’hui promouvoir.

Cette démarche va à l’encontre de toute l’évolution de ces deux derniers siècles. Elle suppose de la part des collectivités et des individus eux-mêmes, humilité quant aux actions et responsabilité à l’égard de ces espaces. Tout le contraire de ce que nous propose le modèle technicien et ultra libéral qui les régit actuellement, dans lequel seul le marché régule les enjeux, imposant gaspillage des biens et des ressources, course sans fin à la technologie, développant spécialisation des espaces et du temps, privilégiant en conséquence une mobilité croissante des hommes et des biens, énergivore et vibrionnante.

Nous sommes bien là face à une dérive perverse de cet affranchissement souhaité jusqu’au milieu du XIXème siècle par les sociétés européennes de ce que l’on nommait alors « les contingences naturelles », révélées lors de chaque aléa climatique. Pendant des siècles, ces sociétés ont lutté pour favoriser la libre circulation des personnes et des biens, alimentaires principalement, seul moyen d’éviter alors famines et épidémies. La révolution industrielle en offrant réseaux et moyens de transport et parallèlement l’organisation plus structurée des états a levé l’hypothèque permanente de la dépendance exclusive des sociétés locales à l’égard de leur environnement. Ainsi les défaillances d’un milieu local ont pu être régulées par les solidarités et surtout le marché. Mais la situation s’est aujourd’hui inversée. Cette mobilité des hommes et des biens, devenue aujourd’hui trop aisée et apparemment si peu coûteuse, met en péril l’équilibre même des territoires et des sociétés, rompant leur autonomie économique interne, déstabilisant leur mixité sociale. Nous sommes là dans une perversion qui brise toute harmonie sociale, tout lien ténu entre l’homme son environnement.

Il nous faut donc retrouver un tant soit peu cette dépendance intime à l’égard du lieu où nous habitons et lier davantage spatialement nos comportements d’habitant, de producteur et de consommateur aux potentialités directes des milieux dans lesquels nous vivons.

Les multiples crises actuelles, crise démographique, crise alimentaire, crise énergétique, crise environnementale, crise économique et financière7, ne sont que la traduction de cette rupture élémentaire dans la relation fondamentale homme /milieu. Elles sont majeures par leur importance et revêtent une dimension inégalée dans l’histoire de l’humanité. Nous en sommes à un point crucial et la mutation qui s’impose à nous, est d’une importance au moins équivalente à celle de la révolution néolithique. Mais si cette dernière a nécessité cinq millénaires pour s’opérer, ce retour à une liaison plus endogène de nos sociétés avec le milieu doit nécessairement s’opérer en moins d’un demi-siècle. Vaste défi pour l’humanité.

  • Cette responsabilité de l’équilibre du milieu et cette humilité à son égard supposent en parallèle une maîtrise territoriale plus directe.

La survie des sociétés littorales implique alors ce contrôle spatial du milieu dont elles dépendent afin de réguler l’utilisation faite de ses ressources, dons offerts par la nature. Ce retour à une « approche possibiliste » implique une seconde donnée : le lien ténu entre l’homme et son territoire, à savoir le contrôle spatial du milieu et de ses usages ce qui suppose sa connaissance intime.

Si dans nos sociétés contemporaines développées, l’homme est de plus en plus devenu nomade, rompant ainsi le lien profond qu’il entretenait avec son territoire et donc la responsabilité qu’il avait à son égard. Il lui faut désormais le retrouver. La chose peut paraître difficile quand nos espaces de vie sont éclatés spatialement et temporellement. Pourtant la maîtrise du territoire reste nécessaire. Elle l’est plus que jamais, au moins pour les sociétés qui vivent encore en lien avec lui, à savoir celles qui portent des activités primaires. Si les mutations qui s’opèrent à terre, conduisent à cette revendication de maîtrise sous forme d’un retour au bien collectif, seul moyen de réguler les dysfonctionnements engendrés par l’économie marchande, en mer au contraire, nous observons un développement de l’appropriation à des fins d’exploitation. Or la mer est pourtant le dernier espace commun de l’humanité. Pourtant, cette appropriation, abordée sous une forme responsable par les communautés qui en vivent directement, peut constituer une opportunité pour garantir une pérennité des milieux et leurs équilibres. Certaines communautés de pêcheurs en ont pris conscience, revendiquant le contrôle et la gestion de leurs territoires de pêche pour mieux en préserver les ressources et la biodiversité. la gestion : c’était autrefois le cas des prud’homies méditerranéennes ; actuellement, les pêcheurs professionnels du quartier du Guilvinec, ceux du parc marin d’Iroise s’orientent eux aussi vers une telle démarche revendiquant la gestion de leurs territoires de pêche côtière pour mieux en maîtriser la ressource. L’affrontement bien commun/bien privé devient désormais un enjeu essentiel sur nos espaces littoraux, notamment en mer bordière, territoire de vie des communautés maritimes et littorales.

  • Cela suppose de nouveaux territoires de gestion. Pourquoi ?

Parce qu’il n’y a de société que si elle détient et contrôle son territoire : c’est une règle élémentaire des sciences humaines et politiques.

Parce que seule sur des territoires spatialement bien définis et de taille réduite peut se mettre en place, dans le cadre d’une démarche éco-citoyenne, cette démarche holistique nécessaire. Elle seule permet de traiter dans sa complexité l’approche des problèmes inhérents à un géosystème particulier. En zone littorale, rien ne peut être abordé sans prendre en compte la relation mer/terre en raison de la circulation des eaux, sans ignorer les relations économie/société/culture, sans prendre en compte donc les aspirations d’une population à continuer de vivre sur son territoire. qui sont ici à la base même de la biodiversité (homme inclus). Toutefois, la gestion intégrée des littoraux qui se met progressivement en place sur nos territoires, implique une participation croissante des populations dans la définition locale de leur projet de vie, une adaptation des outils politiques servant à l’aménagement et la redéfinition de celui-ci sur des bases fonctionnelles intégrant au territoire terrestre la responsabilité de gestion du territoire maritime attenant afin de mieux prendre en compte cette interférence mer/terre. Vaste révolution institutionnelle et des représentations !

Un tel programme implique par ailleurs que ce territoire local redevienne un lieu où s’expriment les responsabilités collectives, l’auto responsabilisation des comportements, l’éco-citoyenneté, tout cela par le biais d’une démocratie plus directe, participative. Immense chantier qui suppose alors de clarifier et de simplifier l’actuel découpage des territoires locaux afin qu’ils répondent à ces impératifs. Dans l’actuelle confusion territoriale qui existe, en zone littorale un territoire unique s’appuyant sur le binôme ville-port/Pays maritime apparaît comme le support le moins mauvais répondant à ces impératifs locaux, alors que la région revêt dans le même temps un rôle éminent dans l’orchestration des orientations.

Dans un tel contexte, tous les autres découpages administratifs deviennent alors superflus et renvoient au débats qui présidaient à l’instauration d’une refonte des découpages territoriaux à la veille de la Révolution. Certes, à un moment où cette question de la refonte territoriale se trouve posée en France, la question est d’importance même si elle reste ardue. A un moment de notre histoire où le fait littoral, où la « littoralisation des populations constitue un phénomène majeur, n’y a-t-il pas à se poser cette question d’une organisation mieux adaptée à nos cadres de vie et nos besoins de gestion. Et dans un tel contexte, que penser du projet Baylimer proposé par le Grenelle de la mer, qui non seulement n’harmonise en rien le problème, le prenant sous un angle essentiellement écologique (via l’eau et les seuls bassins versants) mais surtout surajoute une structure complémentaire : une de plus pour des espaces qui souffrent déjà de cette superposition des territoires de gestion . Il faudrait tout au contraire aller vers leur simplification pour n’en garder qu’un seul, global et unique, seul moyen de porter un projet réel d’aménagement pour une collectivité locale littorale ? Cette proposition du Grenelle arrive à contrario et semble s’apparenter ainsi à une véritable sortie de route.

  • Un autre aménagement

Cette démarche suppose par ailleurs une anticipation de l’acte, de l’action sur la nature, sur ces milieux qui la caractérise. En cela, l’aménagement ne peut se réduire à une démarche corrective des dysfonctionnements observés, cette démarche « pompier » qui tente de les corriger et qui pourtant aujourd’hui prévaut dans nos sociétés occidentales alors qu’elle n’arrive en rien à tout résoudre car intervenant trop tard et s’avérant surtout très coûteuse sur un plan financier. Il faut lui substituer une vraie démarche d’aménagement projet, celle qui, en anticipant le plus possible les phénomènes, en opérant des choix, permet seule de construire un réel projet de société.

L’application en France de la GIZC va dans ce sens, tout au moins au niveau des intentions. Le texte du CNADT du 9 Juillet 2003, proposant un « Nouveau contrat social » relève bien ce cette intention et constitue par ses 10 propositions un document de route inégalé et vraiment volontariste8.

Le Grenelle de la mer semble l’avoir largement oublié. Et la confusion permanente que ses rapports de synthèse recèlent entre démarche de protection et démarche de préservation (termes semble-t-il non maîtrisés) souligne à quel point la confusion est grande dans les esprits, combien cette vision de « l’aménagement projet » est bien lointaine dans l’esprit de ceux qui se sont exprimés. Un aménagement projet ambitieux ne peut que difficilement résulter d’un commun dénominateur prenant en compte une expression aussi vaste. Il est pourtant aujourd’hui nécessaire.

Extrait  page 4 de la synthèse du rapport n°I : « Il n’y a pas de relation forte féconde et durable entre mer et terre sans une alliance…entre protection et développement ».

Extrait page 38 Ambition IV : « L’aménagement concerne à la fois la protection et le développement ».

  • Une remise en cause profonde des représentations.

Fonder une relation nouvelle homme/milieu prenant en compte l’importance du fait maritime n’est concevable qu’en remettant en cause les représentations dominantes qui guident actuellement nos actes et de fait l’organisation du fonctionnement de nos sociétés.

Car sur des milieux aussi sensibles que les espaces côtiers, tout est à recomposer en fonction de plusieurs paramètres : la primauté du fait marin sur tout autre élément dans gestion des espaces terrestres, la « qualité de vie » plutôt que cette notion de « développement » (barbarisme contemporain qui relève de la « course à l’échalote »), la notion première de « vivre sur un territoire » en opposition au nomadisme contemporain de nos sociétés urbaines et mondialisées, l’importance fondamentale des activités primaires directement en prise avec le milieu par rapport à toute autre, le fait urbain dans son essence même alors qu’il prend la forme excessive d’une polarisation métropolitaine. En toutes ces questions, il y a nécessité de revenir à une approche plus endogène de la satisfaction de nos besoins élémentaires, c’est-à-dire de recentrage et d’adaptation de nos sociétés aux particularités de ces milieux de vie qui nous portent et nous offrent de quoi subsister. Vaste révolution mentale et pourtant nécessaire si l’intention de préserver ces milieux est réelle.

Point de tout cela dans les documents du Grenelle. Bien au contraire prévalent ici les visions terrestres :

– confier la gestion des Baylimer , donc de l’état des mers bordières aux Agences de bassin (tout le contraire de ce qu’il faudrait faire ! ) habilitées jusque là aux questions relatives à l’eau continentale.

– l’idée de confier la gestion de cette relation Terre/mer (et non Mer/Terre) aux métropoles alors qu’en raison des concentrations croissantes d’hommes et d’activités qu’elle génèrent, elles constituent un agent essentiel des déséquilibres environnementaux en mer (proposition 8 du rapport n°I).

– conception d’une politique portuaire et de transport maritime systématiquement inféodée à la notion terrestre d’hinterland (Cf. propositions 117 et 118 du rapport de synthèse n° I). N’y en a-t-il pas d’autres possibles ?9

C’est bien donc à une véritable révolution copernicienne que nos sociétés se trouvent confrontées. Pire, il leur faut retrouver les comportements possibilistes d’il y a un siècle, époque où les sociétés humaines étaient plus en prise dans leur vie quotidienne avec le milieu où elles vivaient. Cette boucle épistémologique peut sembler difficile à admettre à une époque où la technologie dont se sont dotées nos sociétés semble apte à tout résoudre. Cette interrogation était pourtant celle qu’osaient poser les géographes soviétiques dans les années 70. En cela, ils avaient quelques longueur d’avance dans le diagnostic10.

Quelles orientations doivent prendre alors cette relation refondée du rapport homme milieu ?

Vivre en meilleure relation avec ces milieux qui nous portent, suppose quoi ? Quels sont en la matière nos besoins élémentaires ? Ceux-ci se résument à quelques questions vitales : préserver l’environnement car c’est bien lui qui produit les richesses dont nous avons besoin, habiter et agir par nos activités de la manière la plus douce possible sur le milieu.

Cela veut dire quoi précisément ?

Préserver les qualités environnementales et paysagères :

Cela signifie en premier lieu opérer la reconquête de la qualité des eaux, élément primordial des équilibres naturels. Or les scientifiques ne font que découvrir la complexité des relations qui s’établissent entre les eaux terrestres et maritimes bordières et leur rôle dans l’élaboration de la vie marine11 et le principe de précaution devient alors essentiel. Certes, le monde agricole semble enfin avoir pris conscience des enjeux et réalise désormais des efforts véritables en ce domaine. Mais les agriculteurs ne sont pas les seuls concernés. Chacun l’est quelque soit sa fonction, sa localisation sur le territoire. Or les rejets d’une urbanisation dense et croissante implantée sur le littoral, malgré les immenses efforts réalisés en matière de traitement des eaux usées, restent problématiques. Ainsi 80% des rejets des stations d’épuration de la Baie de Carnac-Quiberon ne répondent pas actuellement aux normes sanitaires garantissant le maintien d’une activité ostréicole sur ce qui constitue pourtant la première zone de production en Bretagne ! Et qu’en est-il du bassin d’Arcachon où désormais chaque année les ostréiculteurs se heurtent à l’interdiction de commercialiser leurs produits ? Le seuil d’urbanisation atteint en ce lieu n’empêcherait-il pas tout poursuite de cette activité, des activités en lien avec l’équilibre du milieu naturel ? Pour ces raisons, des PLU sont bloqués en préfecture, des ostréiculteurs envisagent des délocalisations vers des pays situés plus au nord, à la recherche d’eaux plus pures. Cet enjeu essentiel pose donc la question de la multiplication, souvent contradictoire, des fonctions et activités sur un littoral, mais aussi celle de leur capacité à porter une population. Le seuil est-il indéfini quand la technique avoue ses limites ? Est-on prêt à l’inverse à sacrifier ces activités, sources de richesses économiques et légataires d’une culture ? Le problème concerne aussi la pêche côtière et toute autre activité concernant la ressource halieutique. La qualité d’un environnement conditionne donc bien les choix économiques et humains que l’on veut ou non promouvoir en ces lieux. C’est la qualité de notre vie future qui aujourd’hui se joue sur cette question.

Défendre à tout prix les activités primaires :

Alors qu’elles sont fortement menacées par les logiques de l’économie de marché prises dans le cadre de l’Union européenne et de la mondialisation, qu’elles sont dévalorisées en terme d’images tant au niveau du public que de leurs propres acteurs, ces activités apparaissent pourtant comme un enjeu majeur de l’aménagement littoral . Pourquoi ?

  • Tout d’abord parce qu’elles participent par leur présence à la mise en valeur d’un territoire original. Elles sont source d’une production alimentaire, fondamentale pour la survie des populations locales, fondée sur les spécificités de ces milieux si particuliers. Peut-on se passer ainsi d’un tel gisement alimentaire  de proximité?
  • Ainsi elles génèrent des emplois bien réels et permanents pour peu qu’on le désire. L’agriculture périurbaine et littorale de la communauté de Cap l’Orient fournit ainsi avec 350 exploitations agricoles, près de 900 emplois directs et 3500 induits. Alors que le secteur des pêches semble s’écrouler, la pêche côtière retrouverait, elle aussi, tout son intérêt si la politique européenne des pêches ne la malmenait, notamment lorsqu’elle prend une dimension artisanale et multi espèces. A un moment où le travail est une denrée rare, est-il pertinent de sacrifier autant d’emplois ?
  • Mais aussi parce que dépendantes de l’état des milieux, elles sont plus que d’autres sensibles à la qualité de leur environnement et en deviennent donc les garantes. Elles ont pris désormais conscience de la fragilité des milieux auxquels elles sont liées. Les vrais « écolos » de notre société sont aujourd’hui ces professionnels qui, par leur présence et la nécessité de produire, constituent un formidable réseau d’observations et d’alerte sur l’état du milieu dont nous profitons tous.
  • Parce qu’elles sont les seules à pouvoir occuper de manière fonctionnelle et provisoire cet espace tampon que constitue la frange littorale : zones d’estran, prairies littorales, massif dunaires. Il en a toujours été ainsi dans le passé.  L’actuelle remontée du niveau marin nous rappelle qu’il faut agir avec humilité sur ces espaces où rien de définitif ne peut être installé. Seules ces activités peuvent mettre en valeur de tels lieux sans pour autant les figer d’une manière irrémédiable et irresponsable vis-à-vis des risques naturels.
  • En maintenant cette population active et résidente sur le littoral, elle participent à l’équilibre de la société, favorisant mixités sociale et générationnelle tant nécessaires. La construction des identités si particulières qui font l’originalité culturelle de ces territoires, ne peut émerger qu’à cette condition. Car ces activités feront du littoral breton, de la Bretagne toute entière, un territoire à part, doté d’un riche patrimoine en perpétuelle régénérescence.
  • Enfin et surtout, par leur présence active, elles constituent le meilleur rempart qui soit à l’extension de l’urbanisation. Avant même d’être le support d’un habitat et de nos phantasmes, ces milieux sont là pour nous nourrir. La terre, la mer bordière ont avant tout fonction de production. Il nous faut les respecter.

Ainsi pour toutes ces raisons, il nous faut au contraire protéger, valoriser, développer ces activités sur le littoral. Elles ne doivent pas être tributaires des seules logiques économiques, lesquelles ont tendance à les éliminer, mais bien contribuer au fondement de ce véritable projet de société où elles auraient toute leur place pour le plus grand bien de tous.

La capacité d’un territoire littoral à porter un population :

En matière d’habiter, la question fondamentale à se poser est la suivante : Jusqu’où un territoire particulier peut-il porter une population en préservant ses équilibres biologiques et naturels, l’ensemble de ses potentialités environnementales ? Cette question, évoquée dans la loi Littoral, sous le terme limitatif de « capacité d’accueil », n’est jamais véritablement abordée dans la réflexion sur l’usage que nous faisons de nos territoires côtiers car elle remettrait en cause trop fortement les principes politiques élémentaires qui guident actuellement nos sociétés : liberté de circulation des hommes et des biens, appropriation privée de ces derniers, vision à court terme. Pourtant tout territoire, en fonction de sa nature, ne peut subir de la même façon le seul comportement des hommes guidé par des intérêts immédiats, rationnels ou non, oubliant le plus souvent les contraintes environnementales élémentaires. Les zones littorales ont-elles vocation d’accueillir la moitié de la population de la planète quand on les sait si fragiles, si instables, si aléatoires sur de nombreux points ? Il ne pourra y avoir maintien et préservation de leur biodiversité qu’à la condition que nous acceptions d’y limiter notre pression anthropique et que celle-ci soit fonction de notre maîtrise des technicités visant à les protéger de toute atteinte à leur équilibres. Vaste sujet que pour le moment nous ne maîtrisons guère en dépit de notre technologie si subtile. Pire, plus cette dernière semble élaborée, plus les déséquilibres paraissent intenses ! Et nous en faisons fi.

Pourtant il est temps de se poser cette question de la capacité d’un territoire à porter une population, ce qui pose parallèlement la question de son emprise spatiale. A partir de quel espace disponible la recherche des équilibres fondamentaux se trouve-t-elle posée ? Dans les temps anciens la réponse était simple et, dans un territoire défini, passait par une auto régulation du peuplement sous forme de crise démographique. Sur les îles la question est encore bien vite réglée (eaux, énergie, déchets). En zone littorale elle devient plus complexe en raison de l’interconnexion des réseaux (eau potable, eaux usées, énergie, communications) qui permet aux populations de s’affranchir de la question en repoussant les problèmes sur des échelles supérieures…avec des effets supérieurs eux aussi. C’est en cela que l’obligation de retrouver un comportement de vie un tant soit peu endogène redevient essentielle. Dans un tel cas on ne peut biaiser face aux contradictions d’usage des milieux. Ce qui, il y a un siècle, pouvait être considéré comme un affranchissement à l’égard des contingences naturelles, donc un progrès, pourrait à terme redevenir une priorité souhaitable pour assurer l’équilibre de la gestion de nos milieux et la clé pour assurer l’harmonie de nos relations avec eux. Tout cela si le désir d’un « véritable développement durable » devait constituer la priorité de notre projet de vie.

Lutter contre l’étalement urbain :

Au-delà du simple aspect esthétique qui dénature les paysages côtiers et rend illusoire cette notion de « Tiers sauvage » pourtant rappelée par la loi, l’étalement urbain, diffus et déstructuré, est source en grande partie de ces déséquilibres environnementaux actuels. On ne peut impunément masser des populations sur les rivages sans effet sur la qualité du milieu maritime bordier. Toute une réflexion en matière d’urbanisme mais aussi d’architecture est donc à promouvoir. Tout un courant de réflexion doit émerger en ce domaine visant à promouvoir un modèle régional spécifique s’appuyant sur les héritages de sociétés qui savaient, elles, composer avec la mer.

Il apparaît en effet nécessaire de redéfinir une organisation urbaine qui s’appuie sur le traditionnel réseau des villes-ports, unités urbaines à la taille limitée, héritage patrimonial et base même d’une organisation polycentrique traditionnelle qui pourrait constituer une alternative à ce nappage urbain de l’espace ou à la métropolisation qui l’accompagne sur les plus grands centres12. Car toute concentration urbaine amplifie les déséquilibres, environnementaux sûrement, mais aussi sociaux et économiques. Dans cette recherche à la moindre pression écologique de notre présence et de nos activités, il est préférable de diffracter le fait urbain en cellules autonomes et plus petites. L’habitat dispersé, traditionnel sur les rivages atlantiques, constituait une réponse adaptée à la fragilité du milieu. Un réseau urbain polycentrique, constitué de villes moyennes réparties sur tout le territoire de la région, serait beaucoup plus adapté à ces contingences du milieu. En conjuguant la résidence avec le bassin d’emploi sur un territoire ville-campagne limité, il limiterait ces migrations alternantes actuellement incontrôlables et si coûteuses en infrastructures, embouteillages, pollutions et charges pour le budget des ménages.

Une telle politique remet alors en cause la croissance de nos villes vers des logiques métropolitaines, donc souligne la nécessité de la contenir et condamne à terme l’usage de l’habitat pavillonnaire tel que nous le développons encore aujourd’hui. C’est parallèlement toute une réflexion, heureusement entamée, qu’il nous faut mener sur une architecture plus économe d’espace, d’énergie, sans rupture pour autant avec les héritages d’un patrimoine fort riche en la matière. Superbe défi pour nos architectes et urbanistes !

Cette réflexion rejoint celle relative à l’usage que nous en faisons de ces milieux si sensibles lorsque nous y travaillons et consommons les richesses. Jusqu’où nos logiques prédatrices qui s’y développent peuvent-elles rester sans innocuité pour le milieu et ses équilibres. Nous le découvrons à l’heure actuelle au sujet de la pêche. Mais cela ne concerne-t-il pas tout prélèvement que nous y envisageons, qu’il soit minier voire même énergétique ? La mer est avant tout un milieu de vie. La priorité consiste avant toute autre chose à la préserver, car biologiquement nous dépendons, en tant qu’espèce, de sa richesse. Favorisons, ne développons sur les littoraux que les seules activités productrices, essentielles à notre vie, toutes activités qui ne peuvent s’opérer ailleurs.

Toutes ces questions sont vitales pour l’équilibre des milieux, pour la survie de l’homme également. Nous ne pourrons exister en tant qu’espèce qu’à l’unique condition de respecter les autres espèces. Cette sagesse élémentaire que portaient toutes les populations qualifiées de « primaires », nous devons la retrouver. Et sur les milieux littoraux plus qu’ailleurs car ils sont vitaux pour l’homme dans la mesure où la mer, les mers bordières plus particulièrement, constituent le premier gisement de biomasse existant sur terre. Dans quelques proches décennies, la planète aura à nourrir plus de 9 milliards d’êtres humains. La mer sera inévitablement sollicitée pour offrir ces protéines nécessaires à leur alimentation, pour leur offrir par ailleurs ces autres éléments vitaux, minéraux et énergétiques dont ils auront besoin. Ne rompons ses équilibres. Préservons sa biodiversité. Retrouvons la sagesse des sociétés qualifiées de « primaires ».

1 Yves Lebahy et Ronan Le Delezir, Le littoral agressé : Pour une politique volontariste de l’aménagement en Bretagne, éditions Apogée, Nov.2006.

2 Concept développé par Geneviève et Philippe PINCHEMEL, La face de la Terre, éléments de géographie, Armand Colin, 1988.

3 Concept d’origine russe (V. SOTCHAVA), « repris en France depuis 1968 par Georges BERTRAND en vue de décrire une unité naturelle formée par un ensemble systémique d’éléments naturels. Au-delà de l’écosystème, il inclut les éléments anthropiques du système et les place au centre de sa logique ». Cf. Roger BRUNET, R. FERRAS et H. THERY, Les mots de la Géographie, dictionnaire critique, Reclus – La Documentation Française, Septembre 1993.

4 Extrait de l’intervention de Jean Pierre Quinio, conférence sur la mer du Club de Locarn, 20 Mars 2009.

5 Rapport du GIEC de 2007.

EEA Report, Impacts du changement climatique en Europe, Communautés européennes, Copenhague 4/2008,données revues après les réajustements de Mai 2009.

6 Ligne géographique s’intéressant à la relation homme/milieu et marquée par une forte préoccupation de la nature, née avec Vidal de la Blache (1845-1918), père de l’école française de géographie à la fin du XIXème siècle et début XXème.

7 HULOT Nicolas, discours tenu au Sommet mondial des Régions, Changement climatique : les Régions en action, organisé par la Région Bretagne en partenariat avec la CRPM et nrg4SD, Saint Malo le 29 Octobre 2008.

8 Le littoral français, Pour un nouveau contrat social, Texte du Conseil National de l’Aménagement et du Développement du Territoire, 8-9 Juillet 2003.

9 Géographes de Bretagne, Bretagne un autre littoral, éditions Apogée, janvier 2009,

et plus particulièrement, Yves Lebahy, « Pour un projet régional fort en matière de transport maritime »

10 Ouvrage collectif de l’Académie des Sciences de l’URSS – Institut de Géographie, Homme, société et environnement, éditions du Progrès, Moscou, 1975.

11 Eaux et Rivières de Bretagne, Spécial littoral, n°145, automne 2008.

12 LEBAHY Yves (ss la direction), Le Pays maritime, un espace projet original, PUR, Février 2001.

LEBAHY Yves, « Une urbanisation contemporaine qui tue l’identité structurelle des territoires littoraux », Le littoral agressé, ibidem, p. 49-63.

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