Géographes de Bretagne
Douaronourien e Breizh - Jeyografes de Bertaeyn

La force et l’avenir des régions, c’est aussi leur identité

Il est heureux que ce soit encore les géographes qui alimentent le débat sur les territoires même s’ils ne sont pas toujours d’accord entre eux. En l’occurrence les « Géographes de Bretagne » ne sont pas du tout du même avis que leur collègue Jean-Baptiste Humeau de l’université d’Angers sur le redécoupage des régions et leur mission politique (Ouest-France du 20/01/09).

S’il faut effectivement pour certains grands projets (liaisons ferroviaires par exemple) penser et agir au niveau de plusieurs régions (et on n’a pas attendu pour cela les géographes !), rien de pire dans ce cadre que de les noyer dans un très virtuel « Grand Ouest » tel qu’il est très régulièrement présenté. Ce serait la meilleure façon de diluer leur force potentielle mais aussi leur avenir. Nulle part en Europe de telles « régions » aussi informes n’ont réussi, même quand leur création s’est appuyée sur la recherche de projets communs.

C’est ainsi qu’une absence de reconnaissance et d’identité des régions se révèle être une fausse route, d’autant plus dommageable qu’elle est aujourd’hui liée dans l’ouest de la France à des régions incomplètes (la Bretagne sans la Loire Atlantique), sans identité réelle (les Pays de Loire), ou désunies (distinction des Basse et Haute Normandie).

Les « Géographes de Bretagne » se tournent donc vers une recherche de cohérence d’abord géographique, indubitablement historique, mais aussi sociale et économique pour la Bretagne, terre maritime par excellence dont le premier port situé sur la Basse Loire est le complexe portuaire Nantes–St Nazaire. Car son identité est profondément maritime et aujourd’hui, plus que jamais, cette dimension prime dans les enjeux d’aménagement concernant l’ensemble de son territoire. Elle s’appuie de surcroît, comme l’exige toute démocratie, sur la volonté des populations qui attachent beaucoup d’importance à l’identification régionale. Or une société n’est en mesure de porter un projet (maritime en l’occurrence) que lorsqu’elle est en parfaite symbiose avec le territoire qui la porte et ne subit alors aucune influence inverse reposant sur des représentations différentes.

C’est sur ce socle, à savoir des régions reconnues par les autorités comme par ses habitants unis dans un projet commun, de dimension européenne, à travers une Bretagne maritime dans ses cinq départements mais aussi un vrai Val de Loire, une grande Normandie et un Poitou-Charentes intégrant la Vendée, que l’on construira des territoires plus efficaces, plus cohérents.

C’est aussi de cette façon et dans un mouvement encore insuffisamment accompli de décentralisation en faveur des régions que celles-ci, devenues plus fortes, pourront coopérer entre elles.

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